Le radeau ivre
C’était un projet fou, d’interroger ce monde
Mais toutes mes questions revenaient à la ronde
Moi qui rêvais d’écrire, de ma vie un grand livre
J’ai dû me contenter d’en écrire le titre
Le radeau ivre
J’ai navigué mille ans dans les constellations,
Pour comprendre le sens de notre condition,
Décrypter de nos vies, l’insoluble mystère,
Quand au comique absurde des natures humaines,
Vient s’ajouter l’horreur et l’effroi, à nos peines,.
Et de l’humanité, la folie planétaire.
C’est dans la Galaxie, courbés sous l’anathème,
Que j’ai vu des humains, pleins de mots et blasphèmes,
Ils marchaient, délaissés, à leurs destins morbides,
Victimes désignées, pour des idoles avides.
Et j’ai ramé, ramé, dans la nuit galactique
A chercher l’indicible aux délires, cosmiques.
Et je croyais, candide et têtu découvreur,
Que dans la voie lactée, j’étais le seul chasseur.
Des colonnes d’humains, erraient dans les nuages,
Des parcelles de vrai, dans leurs yeux, leurs visages,
Je crus apercevoir, dans leurs prunelles dures,
Des lumières d’espoir, au milieu des blessures.
J’ai pensé que le feu qui brûlait dans leurs yeux,
Leur parvenait de loin, et peut-être des cieux,
Oblitérant d’un coup, peines et souvenirs,
Les jours de mauvais temps, les sanglots, les soupirs,
Peut-être, la promesse, de lendemains heureux.
Julien SABBAN