La mangue
Dans une forêt tropicale
Assis, califourchon sur un vieux tamarin
Un singe et sa guenon, se tenant par la main
Devisaient de façon amicale
Elle mangeait une mangue et lui un avocat.
-Je trouve ce fruit admirable
Et sans équivalent à table !
Dit la guenon dans un sourire
Je gage que notre Eve, au temps du Paradis
A du en manger une en bravant l’interdit.
- Tu te goures ma mie
Répond le mangeur d’avocats
Au paradis sûrement pas
J’ai lu ça dans un livre plus gros que l’est ta mangue
Et il faut pour le lire en apprendre la langue.
-Ton livre est une fable à faire peur aux gens
Et je crois le connaître, dis quand même, j’attends.
- Ce livre est vénérable et le fruit, une pomme.
C’est un très long récit que l’on raconte aux hommes.
-Je connais cette pomme, elle en a fait du bruit,
Pendant les grands orages on en parlait…la nuit
-Tu sais alors pourquoi nous nous trouvons ici
Chimpanzés liés pour la vie.
- Tu n’es ni aimable ni drôle
Eve y jouait son premier rôle,
Petite ingénue libertine.
Moi j’en aurais croqué dit la guenon coquine
Tant ce fruit semble désirable.
-Garde toi d’y goûter car il est détestable
D’autres y ont mordu qui encore en frissonnent
-Je vois, tu n’es pas amateur de pommes
-Non, il te reste la mangue, ici, nombreuse et bonne !
-Ce qui est rare est précieux
- D’accord, mais le plus souvent fallacieux
Que ce soit la pomme ou la mangue
Comme les mots, comme ta langue
Chacune a son côté pervers
La mangue a son noyau la pomme ses pépins
Le fruit je crois qui te convient…
-Je n’aime pas les avocats.
- Je pensais à un autre fruit
-Arrête donc tes singeries
Je te parle de pomme et d’arbre du savoir
-Désolé de te décevoir,
Si jamais tu la croques et change de destin
Evite s’il te plaît la folie des humains
03. 03.11