Il m’arrive parfois

Il m’arrive parfois de penser  que notre vie serait  l’otage d’une sorte de Janus  qui tiendrait en ses mains la Clepsydre du Temps et qui, on s’ennuie tellement en Olympie, s’amuserait à brouiller les pistes, la trame de la nuit et du jour,  du  réel et du rêve, du vécu et du virtuel, du naturel et même  du...surnaturel.

En somme,  un Dieu qui jouerait avec le temps de notre vie, assouvissant ainsi une curiosité malsaine jointe à la jubilation maléfique de la manipulation du destin d’un mortel. 

Jeu d’un Prince,  à la fois cruel et passionnant, parce que nous avons là les deux faces d’une même entité, et que chacune d’elle nourrit l’autre de ses...débordements.  Et dire que nous en serions, inconscients…les acteurs !

Or, ce Dieu, impavide, qui d’un côté sourit et de l’autre grimace, il regarde sur la terre, s’agiter ces étranges mortels, dont les joies et les douleurs, les passions et les déchirements, s’inscrivent, du moins -le- croient-ils, dans une vie d’amour de travail et d’espoir.  Une vie, qui, du haut de cet Olympe, n’apparaît en définitive que sous la forme d’un parcours incohérent dans les méandres du temps et le flux implacable des jours. De quoi distraire, les monarques de là-haut.

Une vie de rêves ou une vie…rêvée ?

Je vous laisse juges, car bien sûr, tout cela n’est que fantasme, et tout le monde sait que les Dieux de l’Olympe, depuis longtemps...  sont morts.

Julien SABBAN