Il est de bon ton, aujourd'hui, par les jeunes mais aussi les moins jeunes de considérer que notre époque, a perdu ses repères et ses valeurs. Cette fable pour nous rappeler que ce monde, dans lequel nous vivons, il est à notre image, ni bon  ni mauvais, il est...notre ouvrage

 

Authentique 

Un jeune philosophe, amoureux d’authentique

Cultivait des concepts aujourd’hui dépassés

A ses rares amis disait mélancolique

On ne croit plus à rien, on ne sait plus aimer

-Tu exagères, mon ami

Et puis tu manques de finesse

Rétorquait son voisin, vieil instit décrépit

Tu regardes le monde avec sévérité

S’il est vrai que l’amour, l’amitié, la tendresse

Ajoutons-y la vérité,

Ont de nos sociétés,  brûlé la politesse

Elles n’en sont pas moins réelles

Et probablement vraies

Mais, comme la noix de Florian

Elles demandent travail et temps.

Tu te moques de moi, lui répond le jeune homme

Tu me parles bonhomme

Comme à tes élèves autrefois.

Je sais ce que je  vis, et j’entends et je vois.

Quand je regarde autour de moi.

Je vois l’hypocrisie, le mensonge et la haine

Gagner des pans entiers de notre terre humaine

Il ne faut pas de grands voyages

Pour rencontrer des  étrangers

Sans amis et sans toit et partout refusés

Et je crois que l’amour n’est qu’un cabotinage,

Qui sert de paravent à des menteurs fieffés

Ah, dit le vieil instit, je reconnais bien là

Les  blessures d’un âge où le refus est roi

Ce monde,  tout entier, vérités et mensonges,

A la couleur des mots qui colorent nos songes

Il  dit des vérités trop souvent travesties

De fausses vérités prises comme utopies.

Devant un tel constat, ta jeunesse s’insurge,

Tu veux, au genre humain, faire prendre une purge.

Je comprends ta colère et tous ces amalgames

Accroissent le chaos dans lequel nous vivons

Ce monde ci, ami, n’est ni bon ni infâme

Et il est chaque jour, celui que nous faisons,

Je sais que mon propos est celui de mon âge

Je n’ai pour toi aucun adage

Bois donc un verre ami et ne joue plus au sage

Un ancien m’a dit à l’oreille

Demande à la dive bouteille

Qui te dira où l’amour va.

In vino Veritas

 

Julien SABBAN