journal d'un fabuliste

13 février 2018

Le Cri du Clochard

  Il paraît qu'à Paris on va recencer les SDF, mon "clochard" est de ceux qui  refusent  et qui préfèrent...la Solitude

 

Le cri du clochard

 

Un  soir, sur l’avenue, un clodo aviné,

Le point levé au ciel, insultait Jupiter..

Il insultait aussi tous les dieux de l’Olympe,

Parfaitement indifférents.

Je vous prends à témoins, criait l’iconoclaste,

Ma vie, messieurs les dieux, n’est qu’une longue traine,

Vous avez mis en moi, le désordre et la haine.

Mais, je comprends votre silence,

Il est signe avéré, de votre obsolescence.

Et maintenant, sans vous, je m’en vais vivre, seul.

Emue par ce discours

Une jeune apprentie de l’Armée du Soleil

Lui dit d’une  voix douce et pleine d’indulgence,

-Je comprends mon ami, ta rage et ta colère,

Si  les dieux tout là-haut, n’entendent pas ta voix,

Moi, j’ai entendu ta prière.

Tu n’es plus seul, ami,  notre organisation,

Va prendre soin de toi, et la nuit et le jour,

De ton ancienne vie, oublie donc  les sévices,

Consacre la nouvelle à l’amour.

Il te faudra, bien sûr, rendre légers services,

Car la vie en commun, a quelques  servitudes,

Dont tu as perdu l’habitude.

Le clodo arrêté dans son discours, confus,

Lui répond, presque détendu :

-Je la connais ta ritournelle

Petite, et pour ça, j’ai déjà donné.

Ce n’est pas toi, ma jouvencelle,

Qui me tirera du pavé.

-Il te suffit, insiste-telle,

De faire un tout petit effort,

Tu verras qu’il est bon, de maîtriser son sort..

-Tu te moques de moi, beau soldat à jupette,

Le refrain que tu chantes, je le connais par cœur,

Et j’ai depuis longtemps, renoncé au bonheur.

Laisse-moi donc, au ciel, crier le désarroi,

D’un minable sans foi ni loi,

Le cri de son  humanité.

Si ce soir, en Olympe, les dieux devenus sourds

N’ont pas écouté mon discours,

C’est que le ciel est vide, et qu’ils l’ont déserté.

Moi, je reste sur terre, avec toute ma rage,

Je ne veux pas tourner la page,

Et mon cri, répondra à leur éternité.

Julien SABBAN

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23 janvier 2018

La chaleur d'un amour

Je crois que ce texte n'a besoin d'aucun commentaire

 

La chaleur d’un amour

 

J’ai conservé intacte au fond de ma mémoire

La chaleur d’un amour qui se voulait total

Tel un aède antique, sans aucun auditoire

J’ai clamé au désert ma soif de l’idéal

 

Ma quête d’absolu, le poing que je brandis

M’ont  porté aux extrêmes et aux sens interdits

Si j’ai voulu bâtir mon destin sur mesure

Je n’ai pas vu du temps, venir, la forfaiture

 

Le temps d’aimer, ma mie, se révèle trop court

L’ardeur de nos  vingt ans brûle encore en nos cœurs

Et le bleu d’un été, les soleils, les bonheurs

L’étreinte de la vie, m’interpellent toujours

 

Je sens encore en moi dans l’air chaud du matin

La chaleur du désir que sublime l’espoir

Et des tiédeurs d’amour, aux arômes marins

Amorties maintenant  par la brise du soir

Julien SABBAN 

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29 décembre 2017

Le vice et la vertu

Tant il est vrai qu'à notre époque le...manichéisme devient de plus en plus...prépondérant Cette fable veut en rire

 

Le vice et la vertu

 

Dans un jardin anglais, aux feuillages touffus,

                                                                                           Le Vice, rencontra Madame  la Vertu.

-Bonjour, Beaux yeux, lui dit le Vice, en souriant,

Je vous ai longtemps attendue,

Je me suis même demandé,

Si dans ce grand jardin, vous n’étiez pas perdue.

J’étais, je l’avoue, fort inquiet.

-Nouvelle identité, Monsieur le courtisan

Quand je vous ai connu, vous étiez harcelant !

-C’est que, les Lois, Madame, les Mœurs et le Climat,

M’ont obligé à plus de contenance,

J’ai le même souci, et la même appétence,

                                                                                            Si je reste le Vice, je suis moins polisson.

J’ai d’ailleurs changé de prénom,

Et l’on m’appelle Cupidon.

-Vous me voyez ravie de cette conversion

Cupide vous l’étiez, vous voilà faux- jeton.

-Vous n’êtes pas très charitable,

Madame la Vertu,

Vous me prenez pour Belzébuth,

Je vous ai connue plus affable.

--Vous voilà donneur de leçons

Un nouvel habit je suppose ?

-Faisons la paix Madame, pour une pause,

Jetons au feu nos dissensions.

 De vous voir seule ici je suis vraiment surpris

Prenez mon bras, je vous en prie,

Allons batifoler, un moment, dans ce bois.

-Vous plaisantez, messire et votre beau discours

                                                                                    Me  prouve  que menteur, vous le serez toujours.

Car je suis prévenue de tous vos coups fourrés,

Et cessez, pour l’amour de Dieu, ,

Tous ces  clins d’œil énamourés !

-C’est que je meurs d’amour, pour vous, la belle,

Pour vous je serai franc, loyal et courageux,

Et tous mes bas instincts, je les ai mis au feu.

 Pour tout vous dire amie, je renonce aux pucelles

Et autres dévergondages,

Rien que pour votre beau visage.

J’en suis sûr maintenant, et c’est vous que je veux

Allons venez, ma mie, nous serons deux amants…

- Nous serons trois, avec mon avocat.

Diable, Madame, il fait soudain très froid

Adieu, il gèle, sur ma foi !

                                                                                                            Julien SABBAN

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12 décembre 2017

Authentique

Il est de bon ton, aujourd'hui, par les jeunes mais aussi les moins jeunes de considérer que notre époque, a perdu ses repères et ses valeurs. Cette fable pour nous rappeler que ce monde, dans lequel nous vivons, il est à notre image, ni bon  ni mauvais, il est...notre ouvrage

 

Authentique 

Un jeune philosophe, amoureux d’authentique

Cultivait des concepts aujourd’hui dépassés

A ses rares amis disait mélancolique

On ne croit plus à rien, on ne sait plus aimer

-Tu exagères, mon ami

Et puis tu manques de finesse

Rétorquait son voisin, vieil instit décrépit

Tu regardes le monde avec sévérité

S’il est vrai que l’amour, l’amitié, la tendresse

Ajoutons-y la vérité,

Ont de nos sociétés,  brûlé la politesse

Elles n’en sont pas moins réelles

Et probablement vraies

Mais, comme la noix de Florian

Elles demandent travail et temps.

Tu te moques de moi, lui répond le jeune homme

Tu me parles bonhomme

Comme à tes élèves autrefois.

Je sais ce que je  vis, et j’entends et je vois.

Quand je regarde autour de moi.

Je vois l’hypocrisie, le mensonge et la haine

Gagner des pans entiers de notre terre humaine

Il ne faut pas de grands voyages

Pour rencontrer des  étrangers

Sans amis et sans toit et partout refusés

Et je crois que l’amour n’est qu’un cabotinage,

Qui sert de paravent à des menteurs fieffés

Ah, dit le vieil instit, je reconnais bien là

Les  blessures d’un âge où le refus est roi

Ce monde,  tout entier, vérités et mensonges,

A la couleur des mots qui colorent nos songes

Il  dit des vérités trop souvent travesties

De fausses vérités prises comme utopies.

Devant un tel constat, ta jeunesse s’insurge,

Tu veux, au genre humain, faire prendre une purge.

Je comprends ta colère et tous ces amalgames

Accroissent le chaos dans lequel nous vivons

Ce monde ci, ami, n’est ni bon ni infâme

Et il est chaque jour, celui que nous faisons,

Je sais que mon propos est celui de mon âge

Je n’ai pour toi aucun adage

Bois donc un verre ami et ne joue plus au sage

Un ancien m’a dit à l’oreille

Demande à la dive bouteille

Qui te dira où l’amour va.

In vino Veritas

 

Julien SABBAN

 

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05 novembre 2017

Dans le coeur des hommes

 

Pourquoi parler puisque...Tout est dit?    Allez maestro...Musique!

 

 

Dans le cœur des hommes

 

Il y a dans le cœur des hommes*

Une chanson insolente et hardie

Malgré les mauvais temps et les incertitudes

Les jours de peur les jours de nuit

Elle chante sa mélodie

Courageuse et sans lassitude

Et sa musique est si jolie

Qu’un jour ou l’autre on lui sourit

C’est la vie

 

 

Julien SABBAN

 

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18 octobre 2017

Musiques

 

Il y a au long des jours, des moments où la musique accompagne notre...blues. et nous donne cette transe de vie qui la rend  plus belle

 

J’entends aussi souvent des musiques de rêve,

Rythmes et mélodies aux accords différents,

Purs joyaux de folie aux magiques ferments,

Distillant leurs alcools aux odorantes sèves.

 

Julien Sabban

 

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15 septembre 2017

Chagrin d'amour

On a rentré les parasols, on a ouvert les parapluies, on a brûlé les feuilles mortes, on a bu des vins du midi, on a chanté..." reviens veux-tu, ..."

cette fable pour les...inconsolables

Chagrin d’amour

Dans un jardin public assise sur un banc

Une jeune femme pleurait

Un promeneur surpris par tant d’accablement

S’arrête net interloqué

-Allons jolie madame, faut pas pleurer si fort

Des larmes sur votre beau visage

Quelle erreur dans ce paysage

Voyez autour de vous ces oiseux et ces fleurs,

N’est-ce pas un présage  un gage de bonheur?

Et d’un geste galant il lui tend un mouchoir

-Merci  pour ces mots chaleureux

Lui dit la jeune femme  en s’essuyant les yeux

Désolée de vous émouvoir

C’est que je viens de vivre une dure journée

L’homme que j’aime m’a quittée.

-Je comprends votre désarroi

Dit le promeneur très courtois

Pour un si grand chagrin il faut un réconfort

Mettez fin à vos larmes, et puis, virez de bord

Ne puis-je en quelque chose vous être un peu utile

 Un sourire, vos yeux, des paroles futiles,

-Qui êtes vous monsieur pour parler  sans raison,

Si vous n’avez connu la basse trahison,

 Pour comprendre mon infortune ?

Ah, j’en veux à la vie  inutile, importune,

-Tout doux lui répond l’homme avec un beau sourire

La vie est pleine encore de rêves et de délires,

Oubliez donc cette avanie,

Et appelez- moi Bel Ami.

Je suis chercheur d’humanité,

Par amour ou par amitié.

J’enseigne le bien être et du corps et du cœur,

Je suis en quelque sorte artisan de bonheurs.

Accordez-moi un seul baiser,

Je saurai vous déchagriner..

-Bel Ami, charmant orateur,

J’ai déjà goûté au bonheur, 

Un autre m’a  bercé de votre beau discours,

Mais je dois l’avouer, il me touche toujours.

Et je voudrais savoir, étant femme et curieuse,

                                                                                               Ce qu’en moi vous allez chercher,

Par amour de la science et de l’humanité ?

-L’étude étant chose sérieuse,

Il nous faudra Madame un endroit plus propice,

-Hé bien Monsieur Chercheur, trouvez ce lieu complice,

Et vous m’enseignerez d’une façon bohème,

A l’enseigne du troubadour,

Que nous pouvons changer d’amour.

Et qu’il est l’enfant d’un poème

Julien Sabban

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30 août 2017

Le portable

Cette fable  n'a d'autre ambition que de rire (un peu)   de la "Cellulomania"  et d'un certain fétichisme qui donne au portable une couleur...transcendantale

 

 

Le Portable

Dans un jardin public, assise, sur un banc

Les mains, paumes  ouvertes,  offrande au firmament

Une vieille dame priait

Un kangourou passant, touriste et voyageur,

S’assoit à côté d’elle  et tire de sa poche

Un objet incongru et pour tout dire, moche.

Qu’il porte à son oreille l’air très intéressé.

Il s’agit  d’un portable dont notre promeneur

Semble, ma foi,  fort entiché

Il s’exprime à voix  basse et même chuchotée

S’adresse  caressant à quelque personnage

Puissant et respecté.

-Mais à qui parlez-vous, quelle est cette prière

De qui voyez-vous le visage ?

Demande sa voisine intriguée

 J’ai grand  besoin de vos lumières

Car je crois que là-haut, on m’ignore, on m’oublie

-Dites-moi, je vous prie

Quel est le tout puissant qui reçoit vos paroles

Serait-ce une de vos idoles ?

L’australien la regarde  avec un bon sourire

-Nous ignorons madame, des humains, tous les dieux

Pour nous, leurs religions sont sujettes à satires.

Et cet objet n’a rien de religieux.

-Prêtez-moi, s’il vous plaît, cette unique merveille

Que je la porte à mon oreille.

-Vous comprendrez, Madame que je vous la refuse,

Cet engin m’est précieux, je le perds, je suis mort

Il résume ma vie  peut-être aussi mon sort.

-Monsieur le kangourou, vous me voyez confuse

Mais je dois insister

Nous sommes tous les deux enfants de cette terre

Et je vous le demande au nom de Notre mère

-Madame s’il vous plaît, cessez, cette folie

Si vos dieux sont muets c’est par misanthropie

Plutôt que la prière, essayez le yoga

L’Aphone que voilà, vous sera inutile

Il faut pour s’en servir avoir l’âme futile

Vous invoquez les dieux et je parle à ma belle

La chose n’est pas nouvelle

Mais j’ai sur vous un avantage

Je vois sur l’écran son visage

Julien SABBAN

 

 

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19 juillet 2017

La métamorphose

La dictature du beau est devenue telle qu'elle a fait la fortune de toutes les officines mondiales de la chirurgie...plastique, elle fait aussi la fortune des salles de Fitness. Cette culture du beau envahi tous les âges, tous les milieux, et ce qui était autrefois, le plaisir de séduire est devenu maintenant...une injonction. Le héro de cette fable en fait les frais.

 

métamorphose

 

Un jeune homme fringant  mais hélas tout bancroche

Reprochait chaque jour au ciel sa disgrâce 

-Seigneur, s’écriait-il, pourquoi  suis-je si moche,

Regardez cette jambe et observez ma face !

Elise ma promise, une si jolie fille,

M’a dit que j’étais laid, bancal et puis courtaud,

Qu’elle ne voulait plus d’un promis à béquille.

 

Pourtant je sais au fond que je suis  vraiment beau

De cette beauté extatique,

Que  nul n’a jamais contemplée!

Délivre-moi Ô ciel de cet habit charnel,

Qui fait de  mon corps  la réplique,

Du corps de mon vieux  paternel.

 

Il se trouve que Zeus entendit sa supplique

Et derechef le délivra

De sa guenille prison et karma.

 

Devenu pur esprit, radiant de bonheur,

Notre homme s’en fut voir, la chérie de son cœur.

-Ma mie s’écria-t-il, admire je suis beau,

Tout en moi  respire le renouveau.

La flamme qui m’anime, l’auréole sublime,

Je ressemble à un ange  tout droit venu des cimes.

 

Elise reconnaît la voix de son promis.

Si, si ! 

Elle regarde la flamme avec son auréole,

-Cesse de plaisanter, de plus, tu n’es pas drôle

Je crois, dit-elle, Dieu me pardonne,

Que je préfère encore l’homme que tu étais,

Sans couronne ni flamme 

On peut être bancal avoir une belle âme

J’aime autant la réalité

Revient moi je t’en prie sans tout cet équipage

 

Trop tard, dit une voix par delà les nuages

Ton promis est comme il se doit

Beau

Beau et con à la fois

 

                                                                                                              Julien Sabban         

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12 juillet 2017

La tentation de Venise

Il y a des villes magiques, Venise en est une, Il m'arrive parfois d'y faire une halte, par le rêve et par la mémoire, et mes sens surpris, sortis d'un réel ordinaire, s'émeuvent soudanin d'un parfum, d'une couleur, d'une musique, d'un visage, d'une aventure...une autre façon de prendre des vacances..

 

La Tentation de Venise

Il m’arrive parfois, lassé du quotidien,

De rêver à des lendemains.

                                                                                   Quitter mon port d’attache,  et cingler vers Venise,

Il paraît que là-bas, les aubes y sont exquises.

On y respire l’air de musique érotique,

 Portées par des vents chauds qui viennent de l’Afrique

L’on peut y rencontrer les nuits de carnaval,

Les masques délurés de Duchesses en goguette,

Des Bayadères,  enfuies, d’un harem oriental,

Aux nombrils diamantés, qui font tourner les têtes.

On entend, m’a-t-on dit, sous le Pont des Soupirs,

Le râle des amants éperdus de désir.

Tandis qu’au point  jour, venues, d’un couvent proche,

Des voix de nonnes séraphiques

 D’un Ave Maria qui dans l’air, s’effiloche

Remercient la Madone, vierge Raphaélique

 

Mon navire jamais, n’a largué ses amarres,

Il contemple  de  loin, d’exotiques gabarres,

Et souvent dans la nuit,  de rutilants ferrys,

Porteurs de mes fantasmes et ma mélancolie.

Julien SABBAN

 

 

 

 

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